Belle découverte d'un roman dont le caractère historique se retrouve dans la finesse de la langue et du quotidien, plutôt que dans la Grande Histoire.
L'autrice raconte une jeune habitante des Îles-de-la-Madeleine qui quittera ses terres et sa famille pour aller vivre à Montréal. Situé il y a une centaine d'années, le récit décrit d'abord magnifiquement la vie extrèmement difficile des Madelinots de l'époque. Bien sur, il y a la mer omniprésente et tout ce qu'elle représente pour les insulaires, mais aussi l'isolement, la crise économique, et surtout, le sentiment d'étouffement que des jeunes, comme l'héroïne, pouvaient ressentir.
On se transporte ensuite en train avec elle jusqu'à Montréal où là aussi, la vie de ces nouveaux habitants arrivés avec rien et prêts à tout pour gagner un peu d'argent, est raconté finement.
La recherche historique se sent tout au long du livre. Elle est saupoudrée avec doigté dans la description d'un paysage, d'une habitude ou d'un métier, ce qui rend le livre aussi intéressant que captivant. Gros coup de coeur pour l'utilisation de mots et expressions tirés de la langue des Madelinots. Il faut souligner avec quelle habileté Fanie Demeule insère ces mots. Ça se fait sans clichés, sans italiques ni guillemets ni incises, comme si ces mots appartenaient autant au lecteur qu'aux personnages. C'est très bien amené, il faut le souligner.
Le dernier quart du livre commence avec un grand drame qui donne un autre ton à la dernière partie du livre, où les événements se bousculent en peu par rapport aux trois premiers quarts. À mon sens, quelques pages supplémentaires n'auraient pas été superflues pour nous permettre d'atterir un peu moins abruptement.
Reste que Dents de fortune est une belle réussite, sobre, hyper bien documentée, teinté d'une belle poésie et d'un amour certain des personnages par son autrice.
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