
Le Christ obèse est un genre de Misery québécois où le soignant, sordide dans sa solitude, fera payer le prix de ses peurs à qui se mettra en travers du premier chemin qui semble donner uns sens à sa vie. C'est un huis clos où trop d'intimité tombera inévitablement dans l'excès, tant d'un côté que de l'autre. Le soignant est encore en deuil d'une mère dominante, le soigné est mêlé à une histoire toute aussi sordide que celle où il se trouve plongé. Les deux personnages sont théâtraux, si je puis me permettre le terme. Tremblay amène l'histoire avec de grosses images, beaucoup d'ombre, du glauque. On se dit que ça va déménager, qu'un coup de théâtre suivra l'autre, alors on continue. Un personnage se confie beaucoup, l'autre pas. Chacun est très tordu, on le découvre avec le temps. Des personnages secondaires passeront, certains en mourront. Ce livre n'est pas ennuyant.

Les personnages du Christ obèse auraient dû se retrouver sur une scène. Je suis certain que cet excellent auteur aurait pu les y placer dans un air de fin du monde, dans autant de laideur que le fade puisse en créer, comme son roman le montre. Mais là, les mots n'ont pas suffi. Pas indigeste, mais une certaine sauce n'a pas pris. Je m'explique mal, parfois, pourquoi un livre pourtant prometteur ne me rejoins pas. En voici un bon exemple. C'est toujours un peu triste.
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