lundi 26 mars 2012

Comme le fantôme d'un jazzman dans la station Mir en déroute, par Maurice G. Dantec, éditions Albin Michel


Lire un second bouquin d'un auteur qui vous avait royalement tapé sur les nerfs représente un beau défi. Faut être mentalement en forme. Mais bon, faut dire que j'aimais beaucoup le titre au départ. Y'a une audace, là, dans la longueur "non-réglementaire" si on peut dire. Puis, le livre m'a été chaudement conseillé. Or donc voilà...

C'est du Dantec. Donc c'est un thriller et ça science-fictionne solide. Et y'a le "ton" Dantec. Lui, ses héros, il les aime du genre trop intelligents, geeks, malaimés, mésadaptés sociaux. Alors quand on est tout ça, on en sait des choses. Des choses que les autres savent pas, et si on sort de la tête de Dantec, c'est fort possible que ces choses soient reliées au monde de la neuro-science et de la physique quantique. Et y,a plein de méga-choses et d'ultra-autres-choses, d'epsilon et de gamma. Vous n'y connaissez rien? Ne vous en faites pas, lui non plus, enfin, jusqu'à preuve du contraire. N'en demeure pas moins que visiter des mondes inconnus, ça crée un bel enrobage et ça vous campe un thriller dans un décor original qui sort du commun. Ici, pas de personnage plus ou moins enquêteur un peu alcolo mais vachement brillant. Non. Les personnages sont des outsiders, des genre d'incompris qui font, bien souvent, des trucs incompréhensibles. Pas inintéressant.

Ok. Pas tellement positif, quand même, jusqu'ici. Pourtant, l'écriture est solide. Dantec écrit bien. Pas verbeux, rythmé, le thriller lui va bien. Mais là où je décroche, c'est dans le contenu. la science-fictio. Le futur, oui, je veux bien, en fait pourquoi pas, mais y'a, avec Dantec, comme quelque chose de pas achevé, de pas paufiné, lorsqu'il s'agit de science-fiction. Les mondes décrits tiennent plus de trips de dope que de mondes futuristes. Ça m'énerve que parfois, il coupe les coins ronds. Ici, deux types partent en cavale. ils ont des passeports multifonctions, des cartes bancaires hyper-modernes, mais ils écoutent encore de la musique sur cd et regardent des guides de voyage sur cédérom. Détail vous me direz? Moi ça m'a énervé.

Pourtant, il y a là de belles idées, des images de villes et de quartiers qui font très Blade Runner. Mais quand même... Partis de Paris, les deux cavaleurs iront jusqu'à Abidjan. je vous décrit même pas les villes africaines traversées. Dans l'esprit de Dantec, ça s'est pas arrangé, en Afrique, dans le futur. Et je ne vous parle pas de pauvreté, mais de corruption, de laxisme et d'autres clichés du genre qui m'ont agacé.

Et y'a la fin, l'apothéose, où, comme dans ce que j'avais lu de lui précédemment, le réel et l'imaginaire s'entremêlent. Bon, ça peut passer comme concept, mais dans cette histoire, on va jusqu'à tomber dans une histoire d'ange et de vagues pouvoirs de rédemption, le genre de choses qui font qu'en tant que lecteur, si ça m'est présenté sans trop de profondeur, eh bien ça risque fort de me laisser plutôt perplexe.

Oui, Dantec a l'air d'écrire dans un état proche de l'Arizona, pour ne nommer que celui-là... Qu'il le fasse ou non, on s'en fout. Le résultat est qu'il aligne bien les mots, nous tient en haleine, mais lorsqu'il divague, là, il me perd. Va pour les clichés, va pour les batailles qui s'enlignent sur 4 ou 5 pages, mais tout ça pour sauver l'âme d'un mec mort et qui n'a pas encore atteint un genre de style d'on sait pas trop... de concept de paradis... j'suis pas certain.

Dantec et moi, on dirait que ça colle pas. Rien pour le détester, mais rien encore pour me convaincre.

Aucun commentaire: