dimanche 6 septembre 2009

The Road, par Cormac McCarthy, Éditions Vintage


Fréquentez-vous parfois les librairies anglophones? C'est un autre monde. On dirait un club vidéo. Les couvertures de livres y sont souvent affichées en format poster et les bouquins eux-mêmes exposent des illustrations aux titres immenses avec des images aux couleurs criardes qui rendent les rayons étourdissants. On dirait qu'on incite le consommateur à faire son choix en fonction de l'image. Curieux marketing.

En main, le bouquin, même s'il est énorme, est plus souvent qu'autrement incroyablement léger, d'une reliure toute simple et imprimé sur un support qui fait souvent penser au papier journal. Dernière chose qui surprend: le prix. En moyenne, un bouquin en langue anglaise coûte près de la moitié d'un équivalent (en notoriété) en français. On a entendu toutes les raisons de la part des éditeurs francophones pour invoquer ces différences, mais qu'il me soit permis de questionner le format. Oui, un bouquin de Gallimard, c'est joli, imposant, littéraire jusque dans sa parure. Mais si les formats étaient, dès la sortie, comparables à ceux des éditions en anglais, paierait-on un peu moins cher? Intéressant débat. En fait, j'espère qu'il s'agit toujours d'un débat. Le sujet semble tabou dans le monde de l'édition francophone. Vivement un nouveau débat public sur le prix des livres.

Ceci dit, prenons The Road. Il m'a fallu lire cet ouvrage, paru il y a deux ans, dans sa langue originale. Raison principale: rarement m'en a-t-on autant parlé dans mon entourage. Tant de gens l'ont lu avant moi, et autant m'en ont parlé avec tant de ferveur que je ne voulais pour rien au monde en manquer l'essence. Mon choix fut excellent, les références de mes amis aussi. Ce livre fera sans doute l'Histoire.

Un homme et son fils marchent sur une route. Ils sont seuls. Vraiment seuls. Il n'y a plus rien autour d'eux, de vivant, ou si peu. Quelque chose s'est passé dans le pays traversé par les deux personnages. Jamais McCarthy n'en fera mention. Il laisse à l'intelligence et a l'imagination du lecteur le loisir de mettre en scène les scènes précédant son récit. Parce que ce vide, ce rien, cette fin que l'homme et son enfant parcourrent, c'est tout simplement le personnage principal. Ici, espoir et désespoir se chevauchent, un faisant la place à l'autre, et nous transportent en montagnes russes. On atteint parfois lentement un sommet et survient l'espoir. Puis, on descend rapidement jusqu'au désespoir, l'estomac tordu, les doigts appuyés fort sur les pages aussi grises que la cendre qui recouvre tout.

Certaines scènes vous font fermer les yeux de tant de cruauté, d'autres vous bercent de tant de tendresse. Cette écriture est majeure, majuscule, dure, mais polie.

Il n'y avait pas besoin d'en faire un film. Les bandes annonces laisser présager une adaptation faisant fi de tout ce qui stimule, dans le livre, l'imagination et le désir d'avancer avec eux. Mais bon, j'imagine que si les paroles, et avec elles les images, s'envoleront, les écrits, eux resteront.

Époustouflant.

1 commentaire:

audrey a dit…

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