mardi 15 septembre 2020

L'homme rouge et l'homme en noir, par Kim Leine, éditions Gallimard


Voici l'histoire de la relation entre les Européens venus coloniser le Groenland au début du 18e siècle et les premiers habitants de ce territoire. Cette histoire, imaginée par l'auteur, est basée sur des personnages qui ont vraiment existé. Maîtrisé, enlevant du début à la fin, hallucinant, ce roman est remarquable pour plusieurs raisons. Amateurs d'aventures, de sagas, d'histoire, de sociologie, d'anthropologie et de bonnes histoires bien écrites passeront des heures sur le bout de leur chaise à lire ces plus de 600 pages renversantes.

Kim Leine connaît manifestement son sujet. Il a habité plusieurs années au Groenland, en Norvège et au Danemark, les trois territoires couverts par ses personnages. On commence à Copenhague avec le roi Frederik IV du Danemark, et on termine avec un des descendants survivants d'une union entre indigènes et colonisateurs. Entre les deux, on suit les destins d'Européens qui se sont retrouvés là de leur plein gré ou totalement contre, et de Groenlandais spectateurs et acteurs d'une entreprise hasardeuse, risquée, et mortelle pour la plupart de ses protagonistes.

Le paysage a beau être froid, l'écriture de Leine n'en sont pas moins brûlante. Raconteur d'histoire, il se distingue des auteurs nordiques que j'ai lus jusqu'ici par un style moins onirique, voir même parfois carrément hyper-réaliste. Il nous décrira un paysage en quelques lignes, sans trop s'y attarder. Le froid, la rigueur, la dureté, on la ressentira plutôt à travers ses personnages, et c'est là le principal tour de force de ce livre. Il assimile carrément l'environnement aux êtres humains. Dites-vous bien qu'à ces latitudes, si les hivers sont froids, les étés, aussi courts soient-ils, sont fous et sans doute vécus bien plus intensément que nulle part ailleurs sur la planète. Ainsi sont les personnages de L'homme rouge et l'homme en noir: intenses.

Comme l'indique le titre, deux personnages sont au coeur de ce récit épique, mais ils sont loin d'être seuls. Autour d'eux (ils étaient pourtant bien peu dans la colonie danoise du Groenland), on comprend vite qu'en situation de danger constant, les survivants sont les plus forts. Mais d'où vient la force? Elle peut provenir du corps, oui, mais aussi de l'esprit, et ce, quelle que soit son intention. Croire fait vivre, et les premiers missionnaires présents en terre d'Amérique en sont la démonstration. Si eux ont survécu, combien ont dû mourir pour qu'ils parviennent à leurs desseins? Ici, c'est le luthérianisme qui fera figure de poison. Les catholiques et les puritains anglais ayant déjà beaucoup donné dans ces histoires, ça nous change quand même assez agréablement de ce qu'on a lu jusqu'ici.

Mais l'agréable, dans ce livre, c'est l'histoire, l'épopée, les ratées, les désastres. Et à travers tout ça, se faufilent des réussites, petites mais incroyables. 

Certaines scènes sont dures, très dures. Rappelez-vous seulement que l'époque a eu son lot d'épidémie et que la médecine était tout sauf efficace. Leine en décrit ici les résultats sans aucun filtres. Il le fait de la même façon en décrivant les intentions personnelles de personnages dont l'histoire n'a reconnu qu'une réussite sociale. Il est intéressant d'imaginer quelles fins personnelles ont motivé les plus grandes réalisations jugées comme publiques. 

Je trouve intéressant de préciser qu'il y a quelques semaines seulement, les statues d'un des personnages principaux de ce livre étaient vandalisées au Groenland et au Danemark. Comme quoi le phénomène est mondial, et qu'il est extrêmement intéressant, pour tout lecteur curieux, de comprendre ce qui aurait pu mener à de telles révisions des perceptions.

Ce troisième livre de Kim Leine est certainement son meilleur, bien que les deux précédents, dont Les prophètes du fjord de l'éternité, m'aient captivé tout autant. Cette fois, j'avoue avoir été subjugué par la force, la rigueur et l'habileté de ce conteur inspiré par l'Histoire mais aussi, et surtout, par l'humain, dans ce qu'il a de meilleur et de pire.

Le sujet vous rebute? C'est dommage, parce que dès les premières pages, vous seriez happé. Vraiment!


lundi 31 août 2020

Ta mort à moi, par David Goudreault, éditions Stanké


David Goudreau revient avec un personnage qui confirme sa signature: hors norme, atypique, inquiétant, rébarbatif, hyperactif et surdoué. Entre francs rires et gorges nouées, on suit maintenant la vie d’une autrice fictive dont les mésaventures traversent notre époque. 

Jumelle née dans une région rurale québécoise de parents immigrants, Marie-Maude a tout, absolument tout de différent. De son aspect physique jusqu’à ses capacités d’apprentissage exceptionnelles en passant par ses parents pas piqués des vers mais surtout son incapacité à trouver le bonheur, Marie-Maude se cherche, et la suivre est palpitant. Qui d’autre que David Goudreau pour parcourir le monde avec un personnage qui n’en a justement rien à foutre, du monde?

Ce gars-là a le talent requis pour réinventer ce qu’il veut sans que ça nous choque. Comme son personnage, il joue avec le temps, l’espace, les genres et le langage pour que tous puissent s’y retrouver. Avec ses références encyclopédiques et historiques, on reconnaît le geek derrière l'intelligence de la Bête. Avec ses références à l'éducation, l'ésotérisme, le monde littéraire, on reconnaît le critique social. Ce nouveau portrait d'un personnage hors-norme nous fait une nouvelle démonstration de tout l'ostracisme dont sont victimes ceux qui diffèrent. Il nous montre aussi combien ce sont eux qui colorent le monde, et qui le changent en le confrontant avec nos certitudes confortables.

À la fin on manque de souffle. On s’étouffe sous l’émotion alors que David Goudreau fait exploser à grands fracas son personnage plus grand que nature. Cette bombe explose à un endroit précis que l’auteur a su trouver, en fin stratège, exactement entre la tête et le coeur, dans une une zone d’éternel combat où il sait si bien manoeuvrer. Et c'est après cette déflagration, qu'on a inévitablement vu venir, qu'on s'étonne d'une fin après la fin. Et c'est là où réside tout le génie et le beau de cette histoire ô combien violente, souvent sordide, mais combien passionnante. J'ai vu dans les dernières pages du livre la marque d'un grand auteur. On le savait déjà, mais cette fois, pour moi, c'est maintenant confirmé.

Lisez Ta mort à moi. C’est exactement ça, un bon livre bien écrit.

jeudi 13 août 2020

Toutes les histoires d'amour ont été racontées sauf une, par Tonino Benacquista, éditions Gallimard

Ça va pas bien dans la vie de Léo. La talentueux mais modeste photographe est tombé bien bas. D'amoureux fou, il est devenu bien seul par un concours de circonstances... à la Tonino Benacquista. C'est un peu tordu, et on aime ça, parce que n'importe quoi raconté par Benacquista devient divertissant. 

Bref, rendu bien seul, Léo cherche à oublier son épouvantable condition. Il le fera en tombant dans la fiction, via le petit écran. On verra donc un personnage de roman s'évader... en vivant ses évasions avec lui, c'est à dire que tout ce que Léo regarde, Benacquista le décrit. 

Et nous voici passant du réel (l'histoire de Léo) au fictif (ses émissions) de chapitre en chapitre. Série historique, aventures conjugales d'un écrivain, téléréalité d'alcooliques anonymes, tout intéresse Léo que sa vie n'intéresse plus. Alors on le suit, on ne le suit plus, et avec lui, on devient un peu mélangé. 

Voilà bien Tonino Benaquista. Ses "vieux" fans verront même apparaître Saga, une référence à un de ses plus grands succès. Donc,j usqu'ici c'est très "télé", très scénarisé, très gros. On navigue entre réel et fiction, on a plein d'histoires racontées en même temps. 

Les autres histoires, celles des personnages des émissions suivies par Léo, sont rocambolesques. Chacune pourrait faire l'objet d'un roman. Parmi eux, il y a le célèbre écrivain dont j'ai parlé un peu plus haut. C'est par lui qu'arrive le titre ambitieux de ce roman... et c'est aussi par là que j'ai fini par m'égarer. Pas que j'étais perdu, non. Les histoires qui s'entremêlent sont bonnes, sauf que pour raconter ce qui pourra ressembler à une espèce de rédemption de Léo, on finira par se demander qu'est-ce qui est réel et qu'est qui est fictif, oui, mais surtout, la fameuse histoire d'amour en question fera figure d'ovni. On s'attend à un feu d'artifice final, on termine avec quelques bulles de savon qui virevoltent un peu avant d'éclater. D'où mon désir d'en finir avec ce livre.

Ajouté à cette fin étonnante, on a un monologue où l'auteur fait raconter par un de ses personnages ce qui fait de la bonne fiction, et ce qui fait qu'on aime ou pas une histoire. Bon, oui, c'est une façon de voir les choses. On entend souvent de tels arguments alors que l'auteur est en entrevue, ou devant un public. Mais là, dans un roman, raconté comme ça, ça donne la plate impression qu'on a voulu nous passer un message, un genre de legs, une épitaphe. Au fil de ces dernières pages, j'ai eu la désagréable impression que Benacquista voulait nous montrer la recette de son succès, théoriser sur lui, sur ses histoires, sur tout. 

Ce qui a eu pour effet que j'ai trouvé la fin du livre interminable et qu'au bout du compte, ce qui semblait se dessiner pour être un grand "wow" c'est terminé par un petit "bof".

Je ne sais pas ce qui lui a pris, mais c'est dommage. Y'a quelque chose, dans ce livre, qui n'a pas fonctionné.

lundi 3 août 2020

Paul dans le Nord, par Michel Rabagliatti, éditions La Pastèque


Je me demande si les histoires autobiographiques d'adolescence où l'auteur découvre la vie, les premières libertés et les premières amours existent depuis toujours... enfin, depuis qu'on écrit. Ça doit. 

Certain que la lecture d'un tel récit vous touche encore plus lorsque le décor est campé dans votre propre environnement géographique et culturel, à moins, bien entendu, que l'univers en question vous fasse rêver bien qu'il vous soit étranger.Rabagliatti poursuit ses récits d'un Montréalais grandi dans les années 70/80. Là, c'est l'adolescence en 1976. À Montréal, ce sont les jeux olympiques, épouvantables et fantastiques, et chez Paul, c'est l'éveil du désir amoureux, avec les deux mêmes qualificatifs.

On ne se lasse pas des "Paul". Je me surprend encore à pousser des éclats de rire devant certaines scènes et à sortir profondément ému d'autres. Le dessin reste simple, le scénario, impeccable et certaines planches sont tout bonnement grandioses. 

Dans cette épisode, outre les références historiques, il nous fait la démonstration que les habitants des villes et ceux des campagnes continueront toujours à s'invectiver, s'envier, se dénigrer et que malgré les différences, il y a des choses beaucoup plus grandes qui réunissent tout ce beau monde. L'Histoire qui suit son cours y est pour beaucoup, la culture, les amours.

Si tout Québécois, Montréalais ou pas, se reconnaît dans Paul, qui sait si tout Terrien qui se respecte ne se reconnaît pas aussi dans ce personnage sensible, un peu naïf, mais tellement à ouvert sur tout ce qui l'entoure. Lire Paul, c'est avoir envie de raconter un scénario à Rabagliatti pour qu'il vous l'intègre à sa sauce, parce que quoi qu'il arrive, on ne s'ennuiera pas.

Bref, après, quoi, cinq ou six albums, j'ai beau chercher, et non, je n'arrive toujours pas à lui reprocher quelque chose.

lundi 20 juillet 2020

Le Ghetto intérieur, par Santiago H. Amigorena, éditions P.O.L.

Wincenty émigre à Buenos Aires en 1928. Comme plusieurs juifs polonais mais aussi d'ailleurs en Europe, il fuit un continent où ça commence à se scléroser.
<\br> Parti seul, il a laissé au pays une mère accaparante, un peu typique, un frère et une soeur. Seuls des amis d'enfance l'entourent dans ce nouveau pays. Ils deviennent ses plus proches repères. En Argentine, il devient Vincente, tombe amoureux, fait des enfants, bref tout va.

Arrivent les années 1940. Des lettres de sa mère restée à Varsovie l'informe que ça va beaucoup moins bien de ce côté du monde, qu'elle st sa famille vivent maintenant dans un ghetto. Puis une seconde lettre parlera de la faim, de survie. C'est à partir de là que Vincente se mettra à supposer, à imaginer, à vivre en imagination ce que sa mère peut vivre. I se dira qu'il aurait pu les faire venir avec lui, qu'il n'a rien fait pour eux, tout en espérant qu'ils s'en sortent.

D'Argentine, les nouvelles d'Europe sont sporadiques, mais chaque fois, elles confirment que ce que Vincente est en train d'imaginer... est aussi bel et bien en train d'arriver. Alors il perdra progressivement la raison, lentement, doucement, sous les yeux de ceux qui l'aiment et qui ne peuvent rien faire pour lui.

Le plus tragique dans cette histoire, c'est que l'auteur raconte la vie de son grand père, et par le fait même des conséquences qui on rejailli sur toute la famille, et sur lui. Rarement titre n'aura aussi bien été choisi. On en vient à étouffer avec Vincente. L'auteur entre dans la tête de l'homme de 40 ans qu'a été son grand-père pour raconter son désarroi, son impuissance. On en conclut avec lui qu'il reste la mémoire et que comme les gênes, elle se transmet, qu'on le veuille ou non.

C'est une écriture d'une douce puissance. Amigorena rend le drame historique archi-connu en quelque chose de très actuel. Dans les dernières pages, il décrit combien le drame de Vincente fait maintenant partie de lui, qui n'a pourtant à peu près pas connu son grand père. En ce sens, il démontre magistralement combien l'Histoire définit notre présent.

Le Ghetto intérieur raconte aussi le Buenos Aires de ces années-là, cette autre Amérique où tout a semblé possible pour ceux qui décidaient de s'y installer. Il raconte tout ce que que ça implique de changer de patrie, de vie, d'amours, tout ce qu'on peut endurer en tant qu'humain, et tout ce qu'il nous est et nous sera toujours impossible d'endurer, malgré tout.

Un livre extrêmement puissant.

jeudi 16 juillet 2020

Comme il pleut sur la ville, par Karl Ove Knausgaard, éditions Denoël

C'est la cinquième fois que je me fais prendre, la cinquième fois que je n'en reviens pas d'avoir lu ça, d'avoir trouvé ça vraiment très bon à plusieurs passages et la cinquième fois de m'être quand même dis que "là, c'est terminé, je n'en peux plus". Bref, j'ai lu le cinquième tome de la série "Mon combat" de Karl Ove Knausgaard, c'est à dire 836 pages supplémentaires de la vie à peu près ordinaire de cet auteur norvégien. C'est fou, mais ça fonctionne... encore.

Cette fois, Knausgaard raconte sa vie de jeune adulte passée à Bergen, en Norvège. Arrivé "en ville" pour suivre un cours à l'Académie d'écriture, une école où les cours sont donnés par d'illustres écrivains locaux dont Jon Fosse (tout ce que j'ai lu de lui était excellent) et Jan Kjaerstad (Son livre Le séducteur était assez particulier), il ira ensuite à l'université, puis, il tentera de devenir écrivain.

Ce nouvel épisode de la vie de l'auteur se résume en deux thèmes: - de l'utilisation de l'alcool pour oublier ses problèmes - de l'auto-dénigrement pour expliquer sa difficulté à écrire.

Tout tourne plus ou moins autour de ça. Ajoutons-y l'éternelle fixation du jeune Karl Ove pour la séduction et le sexe, sa relation trouble avec son père, mais aussi, cette fois, de celle importante avec son frère, et on a un Knausgaard classique.

N'empêche. J'ai beau en parler ironiquement, n'en demeure pas moins que, comme les quatre livres précédents, Comme il pleut... se lit bien. Pas choquant mais parfois exaspérant, ce gars-là a su se mettre en scène. Que ses histoires soient vraies ou pas importent peu... enfin, rendu au cinquième livre, disons que je m'en fous un peu. Reste qu'il y est aussi question de sa relation avec une célèbre journaliste norvégienne, et qu'il est intéressant de savoir qu'elle a cru bon de rectifier certains faits la concernant à la suite de la parution de ce livre. Cette rectification ayant été faite par une émission de radio, on s'imagine assez facilement que ça devait être fort divertissant.

En conclusion, lire Karl Ove Knausgaard, c'est ça: se rendre compte qu'on lit un équivalent de télé-réalité littéraire et qu'on se laisse prendre, même si le gars nous est totalement inconnu au départ. Qu'on le veuille ou non, il y a quelque chose de très réussi là-dedans. On dit de lui qu'il n'écrit pas de la grande littérature. Je crois que c'est le cas. Mais je crois aussi que je me rappelle chacun de ses livres par le détail et qu'il en sera ainsi longtemps. Quand même!

jeudi 28 mai 2020

La gouteuse d'Hitler, par Rosella Postorino, éditions Albin Michel

Voici un livre tout à fait étonnant, d'abord par son titre. D'abord, on ne parle pas d'une mais de plusieurs gouteuses, ensuite, non, Hitler n'est pas un personnage de ce livre et enfin, le croiriez-vous, il y est question principalement du désir.

Jeune mariée à Berlin, Rosa voit son époux partir à la guerre. Rendue seule, elle décide de quitter la ville pour aller vivre à la campagne chez ses beaux parents. Ensemble, ils attendent le retour du soldat. Or la bourgade qu'habitent les beaux-parents est adjacente au bunker où Hitler et sa suite se sont réfugiés. On est en 1943-44.

Un bon jour, une rafle rassemble dans un bus un groupe de jeunes femmes du village. Rosa en fait partie. Elles deviendront les gouteuses d'un Hitler rendu de plus en plus parano.

La plupart de ces femmes se connaissent. Elles sont célibataires ou mères de famille, amies ou connaissances, mais personne ne connaît Rosa, qui, elle, veut bien s'en faire des amies. Mais voilà, l'époque n'est pas facile, et on est dans un petit village, et il y a la mort toujours possible par poison, bref, les circonstances de la promiscuité forcée du groupe sera prétexte à toutes sortes d'échanges, de suspicions, de craintes, mais aussi de relations. Même que les relations prendront un cours particulier lorsque Rosa connaîtra des gens a l'extérieur de leur cercle fermé.

C'est de là que viendra le désir. Le charnel, mais aussi celui apparenté au temps d'avant. Parce que la nostalgie est aussi du désir, on le comprendra. C'est en tout cas ce que j'en ai retenu.

On en aura lu des histoires tirées de la Deuxième guerre mondiale. Tellement qu'à force, on ne s'attend plus à une très grande originalité. Et pourtant oui, il y a encore des angles différents pour en parler, et celui-là est tout à fait original. La promiscuité forcée, la compétition entre pareils, le manque de la personne absente, ressenti tant par le coeur que par le corps, tout ça vous fait un melting pot de sentiments que Rosella Postorino aborde avec une grande dextérité, de beaux personnages et une intrigue qui vous retient jusqu'à la fin.

Pour tout vous dire, ce livre est demeuré longtemps à portée de vue sans que je l'ouvre. Plusieurs mois. Ni son titre ni son thème ne me tentait. Il s'est pourtant avéré excellent. En tout cas, voilà un bon divertissement. À lire en vacances... ou pour oublier le temps présent.