C'est un roman captivant qu'on dirait écrit avec une mitraillette qui me laisse avec un grand malaise.
Pourtant, ce qui est raconté se lit sous différentes formes dans quantités de romans quebs des dernières années: une personne raconte son enfance difficile avec des parents qui n'auraient jamais dû l'être, et des conséquences que ça apporte sur sa vie d'adulte. La dernière partie du livre est le récit d'une autre expérience désastreuse vécue par le narrateur. Vécu plus tard dans sa vie, cet épisode devient un réglement de compte de ce qui a été raconté au début. Le protagoniste principal, le père, en prend pour son rhume, mais y'a pas que ça...
Le livre commence par une crise d'angoisse, que le narrateur vit pendant ce qui devrait être une fuite libératrice, qui lui fait remonter d'atroces souvenirs. Il nous les raconte. C'est psychologiquement violent. Yan Hamel enfile les scènes en rafales. On est happé par autant de dérapages. Très habilement, il nous donne quelques poses en nous ramenant au narrateur et à sa crise. C'est comme si on réussissait avec lui à vivre quelques moments de calme, puis de crise, puis de calme encore. L'écriture est fluide, très rythmée.
Puis arrive la dernière partie. Le narrateur, issu d'un milieu où on aurait voulu en faire un homme endurci, ce qui n'est pas survenu, est devenu un cadre dans le milieu culturel. Il utilisera cette notoriété pour assouvir sa vengeance. Le moyen utilisé est discutable mais pour la suite de l'histoire, c'est réussi. Bref, la démarche nous laisse perplexe, et ensuite... Sans rien vous dévoiler, j'expliquerai seulement mon malaise: ça devient un récit de transfuge de classe à la puissance mille. Celui qui raconte s'est libéré de son milieu de looser. Cette histoire qui concerne son père qui montre jusqu'à quel point un tel personnage peut tomber bas. C'est sordide. Infect.
Dans notre société de plus en plus polarisée, j'ai eu l'horrible impression d'écouter une moitié cracher sur l'autre, montrer jusqu'à quel point on peut être colon, sans scrupules, bref, laid. Le livre se termine comme ça, par un grand vidage de coeur, et par beaucoup d'amertume, voir d'acidité, sans excuses ni justification. On en ressort abasourdi, et c'est là la force de Noël à Tokyo: c'est coup de poing, et franchement, ça fait mal. Ne laisse pas indifférent.
lundi 12 octobre 2026
mercredi 30 septembre 2026
Le corps simple, par Jean-Simon DesRochers, éditions du Boréal
C'est d'abord l'histoire d'un deuil, de sa phase lourde et douloureuse jusqu'à son achèvement dans l'apaisement. La fin est douce et lumineuse, mais le processus pour y arriver est lourd, très lourd. Disons que ce livre est un long sentier difficile qui donne souvent l'envie de s'arrêter. On se fatigue vite, on pousse de grands soupirs et on le termine en poussant un grand "ouf".
Le Jean-Simon DesRochers de ses premiers romans est ailleurs. Exit les voix multiples dont les histoires personnelles se déroulaient ans un contexte commun. La canicule des pauvres demeurera un de mes livres préférés à vie. Ce gars-là savait raconter beaucoup avec peu de mots. Cette fois, c'est le contraire. Il nous raconte un gars pour qui il ne se passe pas grand chose mais qui pense et parle, et pense, et pense encore. On vit son deuil sous tous les méandres de son esprit tourmenté. Appelons ça un "deuil intellectuel".
Comme action, le gars se lance dans l'entretien d'un jardin, dans l'apprivoisement du silence, dans une relation BDSM, dans la communion avec la matière (oui oui), et dans une autre relation à saveur tantrique. Au fil de ces phases, l'auteur nous gave parfois du fruit de ses recherches encyclopédiques en utilisant des listes exaspérantes de mots sur un même thème (botanique ou géologie, par exemple), étirées sur plusieurs lignes. Cet exercice de style weird du genre "regardez tous les mots que j'ai découvert" est pour moi incompréhensible et horripilant.
Et le temps avance. Lentement. Le personnage principal entretien son terrain, expie don deuil et vit ses expériences dans lesquelles il y a la touche Jean-Simon DesRochers: la sexualité. Il faut donner à DesRochers qu'il sait écrire le sexe, les fantasmes et le désir. C'est assez récurrent, mais pas trop, et ça pimente une histoire où l'action fait défaut.
De tous les thèmes abordés dans Le corps simple, c'est le deuil qui prend la plus belle place. Desrochers transforme la douleur en espoir avec, il faut le souligner encore, une très belle finale. Mais pour le reste, eh boy que c'est long et intellectualisé.
Cet autre Desrochers me laisse perplexe. Les couleurs flash de ses premiers livres me manquent parce que cette fois, c'est juste trop de brun.
Le Jean-Simon DesRochers de ses premiers romans est ailleurs. Exit les voix multiples dont les histoires personnelles se déroulaient ans un contexte commun. La canicule des pauvres demeurera un de mes livres préférés à vie. Ce gars-là savait raconter beaucoup avec peu de mots. Cette fois, c'est le contraire. Il nous raconte un gars pour qui il ne se passe pas grand chose mais qui pense et parle, et pense, et pense encore. On vit son deuil sous tous les méandres de son esprit tourmenté. Appelons ça un "deuil intellectuel".
Comme action, le gars se lance dans l'entretien d'un jardin, dans l'apprivoisement du silence, dans une relation BDSM, dans la communion avec la matière (oui oui), et dans une autre relation à saveur tantrique. Au fil de ces phases, l'auteur nous gave parfois du fruit de ses recherches encyclopédiques en utilisant des listes exaspérantes de mots sur un même thème (botanique ou géologie, par exemple), étirées sur plusieurs lignes. Cet exercice de style weird du genre "regardez tous les mots que j'ai découvert" est pour moi incompréhensible et horripilant.
Et le temps avance. Lentement. Le personnage principal entretien son terrain, expie don deuil et vit ses expériences dans lesquelles il y a la touche Jean-Simon DesRochers: la sexualité. Il faut donner à DesRochers qu'il sait écrire le sexe, les fantasmes et le désir. C'est assez récurrent, mais pas trop, et ça pimente une histoire où l'action fait défaut.
De tous les thèmes abordés dans Le corps simple, c'est le deuil qui prend la plus belle place. Desrochers transforme la douleur en espoir avec, il faut le souligner encore, une très belle finale. Mais pour le reste, eh boy que c'est long et intellectualisé.
Cet autre Desrochers me laisse perplexe. Les couleurs flash de ses premiers livres me manquent parce que cette fois, c'est juste trop de brun.
dimanche 13 septembre 2026
La fête, par Lucy Fricke, Le Quartanier éditeur
C'est un livre feel good, ni mièvre ni complaisant, avec un humour très fin qui vous fait sourire de bout en bout. Avec Berlin comme décor (ça vous donne une furieuse envie d'y aller), il met en scène des personnages au tournant de la cinquantaine. Vous connaissez ça, les romains où des personnages dans la trentaine se questionnent et remettent leur vie en question? Ça pleut. Eh bien vous en avez ici un genre de suite logique: fini les remises en questions. On en est à faire un premier bilan. Oui, c'est générationnel comme histoire. Totalement, complètement et absolument. Si ça vous va: vous aimerez.
L'action s'étend sur une seule journée, celle de l'anniversaire d'un grincheux qui n'a pas envie de célébrer ses 50 ans. Pas très fier de ce qu'il est devenu, tendant vers une vie du genre "low profile", il sera emmené à parcourir sa ville et ses souvenirs en compagnie de gens qui surgissent de son passé. Est-ce le fruit du hasard?
Au fil de ces rencontres lumineuses, le mec sera toutefois confronté à lui-même puisqu'il se pètera la gueule à plusieurs reprises: dent, doigt, cheville et plus en viendront à sérieusement maganner notre homme.
Bref, vous l'aurez compris, c'est sur le temps qui passe et sur ce qu'il reste de nous au bout de tout ça, sur comment on se voit, soi, et de comment les autres nous perçoivent en comparaison. Qui a raison? Qui a tort? Oui, le thème est assez commun, mais le traitement est différent et original.
Enfin, osons le dire: ça ferait (ça fera?) un très bon film, rocambolesque et touchant. Pour l'instant, ça fait un très bon livre. Lucy Fricke crée de beaux personnages qu'elle aime, manifestement, et qu'elle nous fait aimer en se moquant d'eux avec elle. Avec une fin tout en douceur, c'est un super livre à apporter en vacances.
L'action s'étend sur une seule journée, celle de l'anniversaire d'un grincheux qui n'a pas envie de célébrer ses 50 ans. Pas très fier de ce qu'il est devenu, tendant vers une vie du genre "low profile", il sera emmené à parcourir sa ville et ses souvenirs en compagnie de gens qui surgissent de son passé. Est-ce le fruit du hasard?
Au fil de ces rencontres lumineuses, le mec sera toutefois confronté à lui-même puisqu'il se pètera la gueule à plusieurs reprises: dent, doigt, cheville et plus en viendront à sérieusement maganner notre homme.
Bref, vous l'aurez compris, c'est sur le temps qui passe et sur ce qu'il reste de nous au bout de tout ça, sur comment on se voit, soi, et de comment les autres nous perçoivent en comparaison. Qui a raison? Qui a tort? Oui, le thème est assez commun, mais le traitement est différent et original.
Enfin, osons le dire: ça ferait (ça fera?) un très bon film, rocambolesque et touchant. Pour l'instant, ça fait un très bon livre. Lucy Fricke crée de beaux personnages qu'elle aime, manifestement, et qu'elle nous fait aimer en se moquant d'eux avec elle. Avec une fin tout en douceur, c'est un super livre à apporter en vacances.
lundi 7 septembre 2026
Un diner avec les Pierrafeu; la petite histoire d'une adaptation québécoise, par Tristan Demers, éditions Hurtubise
Suivons les Pierrafeu
Quelle bande sympathi-QUE
Préhistori-QUE
Les Pierrafeu sont làaàaàaàa!
Gros plaisir de lecture pour ce livre/document bien monté (quelle superbe couverture) et au contenu hyper fouillé. En véritable chercheur, le bédéiste Demers nous présente ici ce que j'étais loin de connaître comme un phénomène de société. Plus qu'un cartoon à la télé, Les Pierrafeu ont été l'occasion d'innover sur plusieurs aspects. Créés dans les années 1960 aux États-Unis, ils ont pris leur essort à partie de 1971 au Québec, pour devenir le succès que l'on sait.
Déjà original par le dessin et toutes les idées qu'elle contenait, la production a bénéficié de l'ouverture de ses créateurs pour présenter une version parfaitement adaptée à la réalité québécoise. En 1971, c'était une première. Juste ça, c'est étonnant de le savoir.
Bon, Les Pierrafeu, c'est aussi un portrait des valeurs conservatrices américaines (papa travaille, maman à la maison, etc.), mais même là, la récupération qu'on en a fait au Québec détonne. Qu'on pense aux références à quantité de personnalités publiques dans les dialogues, aux savoureuses réparties des "animaux/instruments" sur un monde du travail pas toujours égalitaire, et de bien d'autres anecdotes savoureuses.
Abondamment illustré avec photos et dessins tirés de la série, sa lecture est facilitée par un montage dynamique et des informations à chaque page.
Il faut sans doute avoir connu la série et l'avoir apprécié comme adulte pour en savourer tous les détails. Et à moins d'avoir un intérêt anthropologisant, un Européen s'y perdra un peu. Bref, le public est assez niché, mais vraiment bien servi par ce receil où on sourit, rit, mais surtout, découvre une société sous un angle totalement original.
Belle réussite, excellent divertissement.
Quelle bande sympathi-QUE
Préhistori-QUE
Les Pierrafeu sont làaàaàaàa!
Gros plaisir de lecture pour ce livre/document bien monté (quelle superbe couverture) et au contenu hyper fouillé. En véritable chercheur, le bédéiste Demers nous présente ici ce que j'étais loin de connaître comme un phénomène de société. Plus qu'un cartoon à la télé, Les Pierrafeu ont été l'occasion d'innover sur plusieurs aspects. Créés dans les années 1960 aux États-Unis, ils ont pris leur essort à partie de 1971 au Québec, pour devenir le succès que l'on sait.
Déjà original par le dessin et toutes les idées qu'elle contenait, la production a bénéficié de l'ouverture de ses créateurs pour présenter une version parfaitement adaptée à la réalité québécoise. En 1971, c'était une première. Juste ça, c'est étonnant de le savoir.
Bon, Les Pierrafeu, c'est aussi un portrait des valeurs conservatrices américaines (papa travaille, maman à la maison, etc.), mais même là, la récupération qu'on en a fait au Québec détonne. Qu'on pense aux références à quantité de personnalités publiques dans les dialogues, aux savoureuses réparties des "animaux/instruments" sur un monde du travail pas toujours égalitaire, et de bien d'autres anecdotes savoureuses.
Abondamment illustré avec photos et dessins tirés de la série, sa lecture est facilitée par un montage dynamique et des informations à chaque page.
Il faut sans doute avoir connu la série et l'avoir apprécié comme adulte pour en savourer tous les détails. Et à moins d'avoir un intérêt anthropologisant, un Européen s'y perdra un peu. Bref, le public est assez niché, mais vraiment bien servi par ce receil où on sourit, rit, mais surtout, découvre une société sous un angle totalement original.
Belle réussite, excellent divertissement.
samedi 5 septembre 2026
Le mur, par Christian Guay-Poliquin, éditions La Peuplade
Oui, c'est aussi bon qu'on le dit. Cet auteur a une façon très particulière de capter notre attention. Mais n'en demeurent pas moins un ou deux petits malaises...
Christian Guay-Poliquin est en voie de devenir un spécialiste du décor. Je me souviens parfaitement des décors mentaux que je m'étais créés avec le Poids de la neige et le Fil des kilomètres. Ce sera la même chose avec celui-là. Sa façon de décrire une ambiance est d'une efficacité rare. En positionnant ses histoires dans un futur proche, on se retrouve en terrain connu, mais avec quelque chose de latent, de lourd, de fragile, quelque chose qui force le monde à ralentir. Sans être glauque, tout est risqué, difficile. Les personnages de Guay-Poliquin travaillent fort pour arriver à leurs fins.
Il n'y a pas de clichés dans les livres de cet auteur, mais des espèces d'anti-héros sur lesquels l'auteur met habilement la lumière. Ici, le personnage principal est superbe. C'est une femme exerçant un métier manuel qui attire notre sympatie. Déterminée, énergique (peut-être un peu trop, mais c'est pas vraiment énervant), elle est entourée de personnages différents les uns des autres qui, tous autant qu'ils sont, se confondent bien au superbe décor planté par l'auteur. Sérieux, j'enverrais Christian Guay-Poliquin en reportage à travers le monde pour lire ses descriptions des endroits qu'il visite. Je suis certain qu'on se sentirait comme si on était avec lui.
Côté malaises, deux choses. Bon, je veux pas étaler ma culture, mais un genre de monument de la littérature française a déjà écrit un roman du même titre. Non, c'était pas pareil, mais quand même... Et y'a aussi que... ben... on le sait tous, hein, que c'est déjà arrivé, une ville divisée par un mur? Et que c'était y'a pas si longtemps, avec les tentatives de le traverser, les tragédies, etc. On n'en parle pas dans nos critiques du livre, mais on le sait tous, n'est-ce pas? Et on imagine que l'auteur et l'éditeur le savaient aussi, hein? Rassurez-moi. Je veux juste être certain que l'auteur savait qu'il réinventait quelque chose. Si c'est le cas, en tout cas, c'est bien fait.
Christian Guay-Poliquin est en voie de devenir un spécialiste du décor. Je me souviens parfaitement des décors mentaux que je m'étais créés avec le Poids de la neige et le Fil des kilomètres. Ce sera la même chose avec celui-là. Sa façon de décrire une ambiance est d'une efficacité rare. En positionnant ses histoires dans un futur proche, on se retrouve en terrain connu, mais avec quelque chose de latent, de lourd, de fragile, quelque chose qui force le monde à ralentir. Sans être glauque, tout est risqué, difficile. Les personnages de Guay-Poliquin travaillent fort pour arriver à leurs fins.
Il n'y a pas de clichés dans les livres de cet auteur, mais des espèces d'anti-héros sur lesquels l'auteur met habilement la lumière. Ici, le personnage principal est superbe. C'est une femme exerçant un métier manuel qui attire notre sympatie. Déterminée, énergique (peut-être un peu trop, mais c'est pas vraiment énervant), elle est entourée de personnages différents les uns des autres qui, tous autant qu'ils sont, se confondent bien au superbe décor planté par l'auteur. Sérieux, j'enverrais Christian Guay-Poliquin en reportage à travers le monde pour lire ses descriptions des endroits qu'il visite. Je suis certain qu'on se sentirait comme si on était avec lui.
Côté malaises, deux choses. Bon, je veux pas étaler ma culture, mais un genre de monument de la littérature française a déjà écrit un roman du même titre. Non, c'était pas pareil, mais quand même... Et y'a aussi que... ben... on le sait tous, hein, que c'est déjà arrivé, une ville divisée par un mur? Et que c'était y'a pas si longtemps, avec les tentatives de le traverser, les tragédies, etc. On n'en parle pas dans nos critiques du livre, mais on le sait tous, n'est-ce pas? Et on imagine que l'auteur et l'éditeur le savaient aussi, hein? Rassurez-moi. Je veux juste être certain que l'auteur savait qu'il réinventait quelque chose. Si c'est le cas, en tout cas, c'est bien fait.
dimanche 30 août 2026
Les belles promesses, par Pierre Lemaitre, éditions Calmann-Lévy
Mission accomplie! J'aurai lu tous les tômes de la fabuleuse traversée du 20e siècle de Pierre Lemaitre. C'est certain que si vous n'avez rien lu de lui avant, Les belles promesses vous paraîtra peut-être étrange. Et si vous avez passé à travers les aventures de la famille Pelletier précédemment, vous en verrez ici l'aboutissement.
Fabuleux conteur, Lemaitre, c'est d'abord un rythme. Zéro longueurs avec lui. Aucun temps mort, et exit la poésie. Cet auteur vous fait lire rapidement. On perçoit le spécialiste du polar sans que ça en soit un. Les rebondissements se succèdent, on éclate de rire, on est totalement exaspéré et on vit quelques frayeurs.
Avc cette série, Lemaitre aura créé des personnages incroyables. Que dire de l'inégalable Geneviève et de son tout aussi singulier époux, Jean. Dans ce dernier tôme, ils prennent toute la place, même qu'on regrette un peu que les autres soient plutôt mis de côté, hormis François, le frère de Jean.
Et il y a aussi l'époque. On est dans les années 1960 à Paris, au moment de la constrution du boulevard périphérique. La ville est un chantier de construction, tout va vite... comme Pierre Lemaitre. Le bitume mais aussi le paysage agricole constitueont les décors les plus fréquents. Ici, les décors sont secondaires. Toute la place est prise par les personnages, aussi puissants (dans le sens d'incroyables) les uns que les autres.
Bon, Peut-être que ça se termine un peu rapidement, aussi. C'est comme si on sentait que l'auteur regrettait de mettre fin à tout ça. C'est un genre de fin classique, oui, mais qui a quand même le mérite de contenir sa part de rocambolesque. On termine le livre avec le sourire en se disant "ah ben oui, c'est bien ça. Ça devait arriver".
Amateurs de l'auteur, ne boudez pas votre plaisir et allez jusqu'au bout. Et pour ceux qui ne connaîtraient pas Pierre Lemaitre et qui auraient le gout d'une bonne série bourrée d'action et de rebondissements, commencez par Au revoir là-haut. Vous ne vous ennuirez pas.
Fabuleux conteur, Lemaitre, c'est d'abord un rythme. Zéro longueurs avec lui. Aucun temps mort, et exit la poésie. Cet auteur vous fait lire rapidement. On perçoit le spécialiste du polar sans que ça en soit un. Les rebondissements se succèdent, on éclate de rire, on est totalement exaspéré et on vit quelques frayeurs.
Avc cette série, Lemaitre aura créé des personnages incroyables. Que dire de l'inégalable Geneviève et de son tout aussi singulier époux, Jean. Dans ce dernier tôme, ils prennent toute la place, même qu'on regrette un peu que les autres soient plutôt mis de côté, hormis François, le frère de Jean.
Et il y a aussi l'époque. On est dans les années 1960 à Paris, au moment de la constrution du boulevard périphérique. La ville est un chantier de construction, tout va vite... comme Pierre Lemaitre. Le bitume mais aussi le paysage agricole constitueont les décors les plus fréquents. Ici, les décors sont secondaires. Toute la place est prise par les personnages, aussi puissants (dans le sens d'incroyables) les uns que les autres.
Bon, Peut-être que ça se termine un peu rapidement, aussi. C'est comme si on sentait que l'auteur regrettait de mettre fin à tout ça. C'est un genre de fin classique, oui, mais qui a quand même le mérite de contenir sa part de rocambolesque. On termine le livre avec le sourire en se disant "ah ben oui, c'est bien ça. Ça devait arriver".
Amateurs de l'auteur, ne boudez pas votre plaisir et allez jusqu'au bout. Et pour ceux qui ne connaîtraient pas Pierre Lemaitre et qui auraient le gout d'une bonne série bourrée d'action et de rebondissements, commencez par Au revoir là-haut. Vous ne vous ennuirez pas.
dimanche 16 août 2026
Blancheur, de Jon Fosse, éditions Christian Bourgois
Il faut un auteur hors du commun pour vous emmener aussi loin en seulement 70 pages.
Jon Fosse ouvre la grande porte, la dernière, l'ultime, pour son personnage complètement perdu. Le gars a pris son char, a zigzagué d'un chemin à l'autre jusqu'à s'embourber dans un sentier forestier. Il sort, marche, et se perd.
Ce qui l'a rendu là est supposé par l'auteur. Comme à son habitude, il nous fait entrer dans la tête d'une personne confuse, tourmentée, dont les quelques instants de lucidité sont autant de tremplins pour plonger encore plus profondément dans une obscurité typique des personnages de Fosse. Le soir tombe, mais voilà qu'il se met à neiger, et tout devient blanc, de plus en plus blanc. La confusion se transforme alors en quelque chose d'autre, et quelle que soit la définition qu'on en fasse, c'est très touchant.
Lire Jon Fosse est une expérience dont je ne me lasse pas. Mon seul regret à propos de Blancheur est de ne pas l'avoir lu dans les meilleures dispositions. J'envie qui le lira d'une traite dans un lieu à l'écart, propice à sentir le soir tomber, puis la neige, puis le reste.
Jon Fosse est l'un des meilleurs pour nous traduire dans la réalité le genre de quatrième dimension dans laquelle se retrouvent des personnes que la vie rend fragile. Son ton, qui me fait de plus en plus penser à celui des pièces de Beckett, est d'abord difficile à cerner, mais une fois qu'on a pris le tempo, on est fascinés. Le gars crée des personnages extra-lucides. Ce court livre en est la preuve. Le gars en vient à voir et à ressentir des choses. Et si c'était comme ça que ça se passait, ce fameux moment?
Si vous n'avez jamais lu Jon Fosse, je recommande Blancheur pour vous y initier. Le ton, l'environnement, le personnage: tout y est. Si vous aimez ça, poursuivez votre découverte avec Matin et soir ou Melancholia II. Tiens, faudra que je relise ça un jour, moi.
Jon Fosse ouvre la grande porte, la dernière, l'ultime, pour son personnage complètement perdu. Le gars a pris son char, a zigzagué d'un chemin à l'autre jusqu'à s'embourber dans un sentier forestier. Il sort, marche, et se perd.
Ce qui l'a rendu là est supposé par l'auteur. Comme à son habitude, il nous fait entrer dans la tête d'une personne confuse, tourmentée, dont les quelques instants de lucidité sont autant de tremplins pour plonger encore plus profondément dans une obscurité typique des personnages de Fosse. Le soir tombe, mais voilà qu'il se met à neiger, et tout devient blanc, de plus en plus blanc. La confusion se transforme alors en quelque chose d'autre, et quelle que soit la définition qu'on en fasse, c'est très touchant.
Lire Jon Fosse est une expérience dont je ne me lasse pas. Mon seul regret à propos de Blancheur est de ne pas l'avoir lu dans les meilleures dispositions. J'envie qui le lira d'une traite dans un lieu à l'écart, propice à sentir le soir tomber, puis la neige, puis le reste.
Jon Fosse est l'un des meilleurs pour nous traduire dans la réalité le genre de quatrième dimension dans laquelle se retrouvent des personnes que la vie rend fragile. Son ton, qui me fait de plus en plus penser à celui des pièces de Beckett, est d'abord difficile à cerner, mais une fois qu'on a pris le tempo, on est fascinés. Le gars crée des personnages extra-lucides. Ce court livre en est la preuve. Le gars en vient à voir et à ressentir des choses. Et si c'était comme ça que ça se passait, ce fameux moment?
Si vous n'avez jamais lu Jon Fosse, je recommande Blancheur pour vous y initier. Le ton, l'environnement, le personnage: tout y est. Si vous aimez ça, poursuivez votre découverte avec Matin et soir ou Melancholia II. Tiens, faudra que je relise ça un jour, moi.
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