Oui, c'est un récit qui vous jette par terre. C'est un prcours de migrant de notre temps, donc horrible, douloureux et triste, parsemé de lumières éphémères et d'anges de passage, enveloppé d'un espoir si fort qu'il est difficile à comprendre. Mais au-delà du récit, il y a la voix, et c'est là où ce livre se démarque. Thyléson Orélien écrit terriblement bien.
Car l'histoire racontée est terrible. D'Haïti au Québec en passant par la République dominicaine, le Brésil, Panama et tout un continent, partout, l'Homme est un loup pour l'homme qui raconte ce périple. Si Thyléson Orélien était un journaliste, son livre aurait eu un effet terrifiant. Mais le gars est un écrivain de grand talent et son livre est envoutant sur plusieurs aspects.
D'abord, son personnage principal nous plait. Dans une histoire comme celle-là, il aurait pu nous taper un peu, prendre trop de place, devenir misérable, mais non. Son créateur en fait un monument d'espoir, pas l'espoir galvaudé, naïf et ésotérique invoqué par des publicités ou des personnes publiques, mais celui qui rend une personne humaine. Le vrai espoir, celui qui ressemble à la foi. Or, un humain, c'est vulnérable, mais ça peut aussi devenir résilient, patient et fort. C'est tout ça qu'on vit avec le Jonas qui nous raconte son périple.
Ensuite, il y a celles et ceux qui croisent son chemin. L'auteur parsème son récit de visages disparates. Il y a les vils, les truands, les sages, ceux qui racontent et ceux qui écoutent. Chaque personnage est autant de pépites qui font la réussite de ce livre. Ces voix magnifiques sont souvent citées en créole haïtien, qu'Orélien utilise souvent, en traduisant ensuite en français. C'était risqué, ça aurait pu être lourd. Mais il me semble que le créole haïtien écrit se lit bien pour le francophone que je suis. Lire cette langue me faisait l'entendre, comme une musique. Chaque fois, j'étais touché.
J'espère donc qu'au-delà du récit, on retiendra l'auteur de C'était ça ou mourir. Il faut du talent pour raconter l'enfer avec ces mots apaisants, francs et vraiment beaux. Vivement un autre roman de Thyléson Orélien.
samedi 30 mai 2026
mercredi 6 mai 2026
Saint-Nicolas-des-Marins, par Alex McCann, éditions Alto
C'est un livre d'une grande noirceur qui se passe dans le blanc. Il y est question de colère, d'ostracisation et de vengence dans un décor de froidure intense. C'est presqu'un conte, plein d'images oniriques où plusieurs verront des métaphores. C'est un roman dont l'histoire forte est racontée rapidement et, justement, une certaine froideur. J'en sors avec l'impression d'avoir manqué quelque chose.
Pourtant le cadre est superbe: un petit village maritime isolé par un froid intense où la population survit tant bien que mal. L'histoire est racontée par un personnage ostracisé et reclus qui habite dans un phare. De par sa nature de personne mise à l'écart, il attirera à lui d'autres personnages atypiques. Ils développeront ensemble leur haine du monde, souhaitant tellement le pire pour le village qu'il finiront par le provoquer.
C'est presqu'un conte parce que l'auteur y saupoudre des références réussies au surnaturel. Ses plus beaux passages sont ceux d'un monde parralèle adjacent au village où se retrouvent des personnages qu'on ne sait trop s'ils sont morts ou vivants. La mort se confond souvent avec la vie dans Saint-Nicolas-des-Marins, ce qui m'a parfois rendu confus. Les images sont belles, l'histoire cruelle, mais les fils qui relient tout ça sont parfois difficiles à attacher. J'aurais aimé qu'il nous présente plus profondément ses principaux acteurs. On dirait que je n'ai pas totalement saisi leur essence.
McCann aborde aussi le désir d'un homme pour d'autres hommes de toutes sortes de façons. Là encore, il joue avec Éros et Thanatos et l'imagerie onirique en évoquant ce qui s'est peut-être passé, ou ce que le personnage aimerait qu'il se passe. Certaines scènes sont vraiment très belles et pour tout dire, si ce filon avait été exploité davantage, j'aurais peut-être été plus touché.
L'histoire se termine dramatiquement. D'ordinaire, j'aurais dû refermer le livre avec émotion, une certaine empathie. Mais non. C'est comme si le froid avait eu trop d'emprise sur moi. C'est dommage. Son sens m'a échappé. Je comprendrai que Saint-Nicolas-des-Marins ait plu à plusieurs. Pour ma part, ne me reste qu'une triste et regrettable impression de froid.
Pourtant le cadre est superbe: un petit village maritime isolé par un froid intense où la population survit tant bien que mal. L'histoire est racontée par un personnage ostracisé et reclus qui habite dans un phare. De par sa nature de personne mise à l'écart, il attirera à lui d'autres personnages atypiques. Ils développeront ensemble leur haine du monde, souhaitant tellement le pire pour le village qu'il finiront par le provoquer.
C'est presqu'un conte parce que l'auteur y saupoudre des références réussies au surnaturel. Ses plus beaux passages sont ceux d'un monde parralèle adjacent au village où se retrouvent des personnages qu'on ne sait trop s'ils sont morts ou vivants. La mort se confond souvent avec la vie dans Saint-Nicolas-des-Marins, ce qui m'a parfois rendu confus. Les images sont belles, l'histoire cruelle, mais les fils qui relient tout ça sont parfois difficiles à attacher. J'aurais aimé qu'il nous présente plus profondément ses principaux acteurs. On dirait que je n'ai pas totalement saisi leur essence.
McCann aborde aussi le désir d'un homme pour d'autres hommes de toutes sortes de façons. Là encore, il joue avec Éros et Thanatos et l'imagerie onirique en évoquant ce qui s'est peut-être passé, ou ce que le personnage aimerait qu'il se passe. Certaines scènes sont vraiment très belles et pour tout dire, si ce filon avait été exploité davantage, j'aurais peut-être été plus touché.
L'histoire se termine dramatiquement. D'ordinaire, j'aurais dû refermer le livre avec émotion, une certaine empathie. Mais non. C'est comme si le froid avait eu trop d'emprise sur moi. C'est dommage. Son sens m'a échappé. Je comprendrai que Saint-Nicolas-des-Marins ait plu à plusieurs. Pour ma part, ne me reste qu'une triste et regrettable impression de froid.
Inscription à :
Articles (Atom)



