Tout le bien que vous avez lu sur ce livre est vrai. On en sort profondément ému par tous ses personnages: un fils unique en plein désarroi, un ami de toujours, du personnel de la santé humain, un chien fidèle et surtout, un vieux monsieur qui se raconte en parlant à sa femme qui ne le reconnait plus. Il y a beaucoup de monde qu’on voudrait prendre dans nos bras dans ce livre. Tout le monde, en fait. Sans cruauté, ce récit est rempli de maladresses. C’est, d’après moi, ce qui le rend aussi touchant.
Le narrateur raconte plusieurs fins vécues dans sa vie, des départs, des ruptures, et de toutes, sa fin à lui sera la plus déroutante. Il flotte donc sur ce livre une tristesse discrète, douce, mais saine, bercée par le vieillissement, l’esprit qui s’en va et les souvenirs qui restent. L’écriture calme de Liza Ridzen nous fait aussi réaliser qu’une des plus belles choses qu’on puisse offrir à nos personnes âgées, plus que de la compassion ou de l’empathie, c’est du respect.
Ce livre est une totale réussite, cette voix est une vraie force tranquille, douce à la lecture. Chapeau bas pour la traduction de Catherine Renaud. Maintenant, message à Liza Ridzen : vous m’avez donné envie d’avoir des nouvelles d’Hans ou de connaître la vie de Ture. Ce serait si bien. Mais quoi qu’il en soit, revenez-nous!
lundi 29 juin 2026
lundi 15 juin 2026
Épinette, par Isabelle Lapointe, éditions La Mèche
Gros plaisir ultra-confortable pour le lecteur de ce côté de l'Atlantique que je suis. Épinette s'inscrit dans la lignée de livres mi-romans mi-récits parus ces dernières années au Québec, qui racontent des coins de pays et des gens ordinaires à travers les souvenirs de l'auteur. Je pense au quartier montréalais de Francis Ouellette avec Mélasse de fantaisie, au Lac-St-Jean de Joël Martel avec Comme un long accident de char, et au Thetford Mines de Sébastien Dulude avec Amiante. Isabelle Lapointe, elle, raconte un village de la Côte-Nord dont elle taira le nom en lui en donnant un fictif, ainsi qu'à la ville voisine. Bon, pour cette dernière,les pas trop cancres en géo québécoise réussiront à mettre un nom, c'est assez facile.
Amateurs de fleuve, de galets et de baleines s'abstenir. Ici, le décor est forestier, quoi que le village prend beaucoup de place avec son son dep, son arcade, ses écoles et la 138, la route régionale qui le traverse. Loin des clichés touristiques, Isabelle Lapointe nous emmène plutôt dans le microcosme d'un monde replié sur lui-même rendu quasiment hollywoodien par sa narration. Excellente conteuse, elle rend extraordinaires des personnages qui se perçoivent comme les plus ordinaires des ordinaires. C'est pourquoi on rit souvent et on ne s'ennuie jamais.
Bien sur, raconter des maisons mal entretenues, des jeunes qui se désennuient avec une violence tout aussi ordinaire qu'eux et des adultes sans aucune confiance en eux, ça peut sembler déprimant. On pourrait aussi tomber dans le syndrôme de l'autrice sortie de son trou qui raconte son monde d'origine, rempli de "gros colons". On perçoit plutôt un regard porté avec tendresse sur un monde tout en faiblesse. Isabelle Lapointe ne s'attendrit pas, je dirais plutôt qu'elle nous montre qu'elle les comprends. On est beaucoup dans le "ils ont fait avec ce qu'ils avaient".
En tout cas, c'est réussi. Le divertissement est pur, crédible, pas exagéré ni trop vulgaire pour nous faire rouler des yeux. Au contraire, on sort d'Épinette en souriant, en se disant que "C'est ben pour dire, quand même, hein, mais malgré tout, c'était ben beau".
Amateurs de fleuve, de galets et de baleines s'abstenir. Ici, le décor est forestier, quoi que le village prend beaucoup de place avec son son dep, son arcade, ses écoles et la 138, la route régionale qui le traverse. Loin des clichés touristiques, Isabelle Lapointe nous emmène plutôt dans le microcosme d'un monde replié sur lui-même rendu quasiment hollywoodien par sa narration. Excellente conteuse, elle rend extraordinaires des personnages qui se perçoivent comme les plus ordinaires des ordinaires. C'est pourquoi on rit souvent et on ne s'ennuie jamais.
Bien sur, raconter des maisons mal entretenues, des jeunes qui se désennuient avec une violence tout aussi ordinaire qu'eux et des adultes sans aucune confiance en eux, ça peut sembler déprimant. On pourrait aussi tomber dans le syndrôme de l'autrice sortie de son trou qui raconte son monde d'origine, rempli de "gros colons". On perçoit plutôt un regard porté avec tendresse sur un monde tout en faiblesse. Isabelle Lapointe ne s'attendrit pas, je dirais plutôt qu'elle nous montre qu'elle les comprends. On est beaucoup dans le "ils ont fait avec ce qu'ils avaient".
En tout cas, c'est réussi. Le divertissement est pur, crédible, pas exagéré ni trop vulgaire pour nous faire rouler des yeux. Au contraire, on sort d'Épinette en souriant, en se disant que "C'est ben pour dire, quand même, hein, mais malgré tout, c'était ben beau".
mercredi 10 juin 2026
Histoires LGBTQ+ au Québec et au Canada, par Jean-Charles Panneton, éditions Septentrion
C'est un essai, c'est écrit par un historien et ça ne contient pas d'opinions. Déjà, juste avec ça, c'est quasiment subversif, dans le sens de "à contre-courant", dans le contexte de 2026. L'historien Jean-Charles Panneton raconte des épisodes historiques concernant des communautés, mais aussi des personnalités. Du monde du travail à celui du divertissement, de la politique à la vie de quartier, il nous raconte comment des événements se sont passés, comment des personnalités publiques se sont exprimées et comment on a interprété tout ça en fonction de l'époque dont il est question. À partir de là, c'est au lecteur à se faire une opinion.
C'est rafraichissant de lire un essai sans parti pris, bien que l'auteur relate parfois son expérience personnelle d'un événement. Ce n'est pas nécessaire, mais ce n'est rien pour biaiser non plus les faits racontés. C'est d'autant meilleur que chaque événement ou portrait est décrit avec concision en de courts chapitres distincts les uns des autres, faciles et agréables à lire. Des images appropriées ajoutent aux textes, ce qui rend notre découverte des sujts abordés encore lus plaisante. Il faut dire que les le format du livre est inspiré de chroniques que l'auteur a diffusé à l'émission Aujourd'hui l'histoire, de la chaîne radiophonique Ici-Première.
Ce livre est pour qui? C'est certain que qui s'identifie, vit dans ou avec la communauté LGBTQ+ se sentira particuièrement concerné, question de ressenti. Ce serait toutefois réducteur de dire qu'il n'intéressera que ce pan de la population lectrice. Car ce livre, par ailleurs très bien vulgarisé pour un ouvrage scientifique, est historique, donc, il relate le passé à l'intention de tous ceux qui sont dans le présent, quel que soit leur âge. Ça ravira donc aussi les geeks d'Histoire avec un grand H.
Par son format, ce recueil se lit fort bien en vacances, parce qu'instructif et divertissant. Bref, qu'on se le dise, c'est (vraiment!) un livre pour tous.
C'est rafraichissant de lire un essai sans parti pris, bien que l'auteur relate parfois son expérience personnelle d'un événement. Ce n'est pas nécessaire, mais ce n'est rien pour biaiser non plus les faits racontés. C'est d'autant meilleur que chaque événement ou portrait est décrit avec concision en de courts chapitres distincts les uns des autres, faciles et agréables à lire. Des images appropriées ajoutent aux textes, ce qui rend notre découverte des sujts abordés encore lus plaisante. Il faut dire que les le format du livre est inspiré de chroniques que l'auteur a diffusé à l'émission Aujourd'hui l'histoire, de la chaîne radiophonique Ici-Première.
Ce livre est pour qui? C'est certain que qui s'identifie, vit dans ou avec la communauté LGBTQ+ se sentira particuièrement concerné, question de ressenti. Ce serait toutefois réducteur de dire qu'il n'intéressera que ce pan de la population lectrice. Car ce livre, par ailleurs très bien vulgarisé pour un ouvrage scientifique, est historique, donc, il relate le passé à l'intention de tous ceux qui sont dans le présent, quel que soit leur âge. Ça ravira donc aussi les geeks d'Histoire avec un grand H.
Par son format, ce recueil se lit fort bien en vacances, parce qu'instructif et divertissant. Bref, qu'on se le dise, c'est (vraiment!) un livre pour tous.
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