mercredi 30 septembre 2026

Le corps simple, par Jean-Simon DesRochers, éditions du Boréal

C'est d'abord l'histoire d'un deuil, de sa phase lourde et douloureuse jusqu'à son achèvement dans l'apaisement. La fin est douce et lumineuse, mais le processus pour y arriver est lourd, très lourd. Disons que ce livre est un long sentier difficile qui donne souvent l'envie de s'arrêter. On se fatigue vite, on pousse de grands soupirs et on le termine en poussant un grand "ouf".

Le Jean-Simon DesRochers de ses premiers romans est ailleurs. Exit les voix multiples dont les histoires personnelles se déroulaient ans un contexte commun. La canicule des pauvres demeurera un de mes livres préférés à vie. Ce gars-là savait raconter beaucoup avec peu de mots. Cette fois, c'est le contraire. Il nous raconte un gars pour qui il ne se passe pas grand chose mais qui pense et parle, et pense, et pense encore. On vit son deuil sous tous les méandres de son esprit tourmenté. Appelons ça un "deuil intellectuel".

Comme action, le gars se lance dans l'entretien d'un jardin, dans l'apprivoisement du silence, dans une relation BDSM, dans la communion avec la matière (oui oui), et dans une autre relation à saveur tantrique. Au fil de ces phases, l'auteur nous gave parfois du fruit de ses recherches encyclopédiques en utilisant des listes exaspérantes de mots sur un même thème (botanique ou géologie, par exemple), étirées sur plusieurs lignes. Cet exercice de style weird du genre "regardez tous les mots que j'ai découvert" est pour moi incompréhensible et horripilant.

Et le temps avance. Lentement. Le personnage principal entretien son terrain, expie don deuil et vit ses expériences dans lesquelles il y a la touche Jean-Simon DesRochers: la sexualité. Il faut donner à DesRochers qu'il sait écrire le sexe, les fantasmes et le désir. C'est assez récurrent, mais pas trop, et ça pimente une histoire où l'action fait défaut.

De tous les thèmes abordés dans Le corps simple, c'est le deuil qui prend la plus belle place. Desrochers transforme la douleur en espoir avec, il faut le souligner encore, une très belle finale. Mais pour le reste, eh boy que c'est long et intellectualisé.

Cet autre Desrochers me laisse perplexe. Les couleurs flash de ses premiers livres me manquent parce que cette fois, c'est juste trop de brun.

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