Ce court récit est d'abord un travail de recherche fouillé avec photos et mises en contexte historiques fort bien racontées. L'auteur y porte son propre regard et son interprétation sur l'histoire d'un gars qui n'a pas demandé à ce que son surnom passe à la postérité. Billy the Kid était un petit truand, d'abord anonyme, puis craint, qui a passé sa courte vie à survivre. Éric Vuillard le réhabilite habilement en interprétant la vie du personnage d'un angle différent de celui que lui a donné la Mémoire de sa nation.
Vuillard s'est demandé ce qui se cachait derrière la renommée d'un personne comme ça. Et d'où vient cette renommée? Quelle était la cause d'un mec aussi perdu, si jamais il en avait une?
C'est bon de redécouvrir un personnage historique de cette façon, en se posant des questions, dont la première: Billy the Kid a été le produit de quoi? Si son histoire s'est mal terminée et que son existence été pour le moins abjecte, c'est peut-être justement parce qu'il était le fruit de son environnement.
Ce n'est pas tant le personnage lui-même que ceux qui l'ont entouré que raconte Éric Vuillard, des débuts obscurs de Billy (on ne sait pas trop d'où il vient) jusqu'à sa fin tragique qui est passée à l'histoire. Parsemé de photos d'époque de lieux et de gens, Les Orphelins retrace une histoire triste et épique racontée par un penseur bien documenté. C'est un récit qui bouscule une fiction pour la placer dans la réalité. Disons ue c'est un peu le contraire d'un roman. Ça m'a beaucoup changé de ce que j'ai l'habitude de lire, ce qui est bon. Triste et rentre dedans, mais bon.
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