C'est l'histoire de quelqu'un qui aime. Simplement. Ce gars-là aime. Et il s'en condamne. On lui en veut. Ce monde est austère et aimer comme ça, ça ne passe pas.
Petur est pasteur dans l'Islande du début du XVIIe siècle. Le gars a bien vécu. Il a eu la chance d'avoir été encouragé à développer ses connaissances. Il a étudié, rencontré des gens pour qui il garde un profond respect et de beaux souvenirs. Sa maitrise de l'écriture lui a permis de rencontrer de grands personnages du pays. Puis, on l'assigne à cette petite communauté du nord du pays comme pasteur.
C'est ce qu'il raconte en écrivant à une personne très chère à qui il doit confier quelque chose d'important. Il traine en effet une réputation peu enviable. Il veut expliquer pourquoi, d'autant plus qu'un événement vient de se produire et qu'il y est relié. Est-ce sa faute? Qui accuser?
C'est l'histoire d'une personne hors normes qui veut entrer dans la norme mais qui se rend bien compte qu'il ne le pourra jamais. Ce gars aime apprendre, un de ses malheurs étant d'aimer les nouvelles idées comme celles d'un certain Galilée ou d'un Copernic. Mais il aime aussi ceux qui l'entourent, leurs natures propres, la robustesse de sa vieille servante, La naïveté de ses deux enfants adoptés, et ces femmes brillantes et allumées qui l'entourent et qui ne le devraient pas. Comme lui, les femmes possèdent une humanité que les autres hommes ne convoitent pas, sauf exceptions. Ceux-là sont étrangers, ou nerds ou d'une sexualité différente. Les autres supportent mal leur existence.
Jon Kalman raconte le rare talent d'être soi malgré tout. Raconté avec aridité, ce récit est loin des emportements, mais certains passages sur la beauté et sur l'amour, de qui ou de quoi que ce soit, sont magistraux. Différent de ses derniers livres, celui-là est dur, parfois apre, souvent violent, mais aussi méditatif et prodigieusement beau.
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