dimanche 2 août 2026

Le spleen d'Oulan-Bator, par Jean-Frédéric Légaré-Tremblay, Les Presses de l'Université de Montréal éditeur

Ah les récits de voyage, ces exercices le plus souvent égocentriques, toujours trop longs, qui n'intéressent le plus souvent que l'auteur lui-même. Légaré-Tremblay transforme habilement ce qui aurait pu en être un en un récit qui prend la forme d'un aveu: par sa faute, un voyage peut sombrer dans l'ennui. Pas l'ennui de la maison ou de quelqu'un, non, mais celui qu'on pourrait confondre avec le désoeuvrement. Dans la langue de mon côté du monde on pourrait dire: trouver ça plate.

Pourtant la Mongolie, c'est pas rien. Légaré-Tremblay nous le démontre sur quelques pages où il raconte un voyage précédent au même endroit. Mais c'était l'été, et cette fois, il y est en plein hiver, avec un froid lttéralement sibérien et une pollution presqu'invivable à cause des chauffauges au charbon qu'utilisent les habitants de cette grande ville du nord.

On a souvent décrit l'expérience de la solitude, mais rarement celui de l'ennui. L'intérêt dans l'ennui, c'est d'abord de voir comment on est tombé dedans, et ensuite d'observer comment on fait pour s'en sortir. Qu'on le veuille ou non, ça finit souvent par quelques grands auto-coups de pied au cul. Mais quand t'es dans une ville hyper polluée eet qu'il fait en bas de -30C, t'as un peu moins de volonté à partir à l'aventure.

Et pourtant, l'auteur est quand même en Mongolie, un pays méconnu qu'il nous décrit socialement et historiquement à travers ses non-pérégrinations. Le récit de voyage devient une initiation à une partie inconnue du monde, et c'est fort intéressant. Comme quoi raconter un voyage qui n'a pas été ce qu'on s'en attendait crée sans doute le meilleur récit. Jean-Frédéric Légaré-Tremblay le fait habilement, comme on raconte une avarie qui nous est arrivée, en mettant l'accent sur les bons éléments, avec sincérité, et en sachant nous captiver.

C'est peut-être à lire pendant que vous êtes en voyage, justement pur vous faire apprécier le vôtre.

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