dimanche 2 août 2009

Les aventures miraculeuses de Pomponius Flatus, par Eduardo Mendoza, Éditions Seuil


Un officier romain est à la recherche d'une source d'eau miraculeuse. Sa quête le fait traverser l'Empire romain et de fil en aiguille, il se retrouve en Galilée, à Nazareth, où des locaux l'emmèneront à réaliser une enquête sur une curieuse histoire de meurtre. Encore faut-il préciser que les recherches du bonhomme trainent leur lot d'inconvénients. Gouter à des eaux de qualité douteuse occasionnent de désabréables troubles intestinaux. Détail, me direz-vous. eh non. Pas avec Mendoza. Ici, flatulences et glouglous ont leur importance.

Car c'est (souvent) ça, Mendoza: de l'ironie, du cynisme et du désopilant. Avec des personnages qu'on a déjà vus ailleurs : un enfant nommé Jésus, son père Joseph condamné à la crucifixtion et frustré par les cancans au sujet de sa famille, son cousin Jean au caractère anti-social, Mendoza brasse une soupe juste assez épicée. J'ai retrouvé là le ton pompeux et les personnages caricaturaux du "Dernier voyage d'Horatio II" et de "L'artiste des dames". Meilleur que son dernier, "Mauricio ou les élections sentimentales", mais pas aussi grandiose que "La ville des prodiges", "Les miraculeuses aventures..." procurent tout de même de bons moments, iconoclastes et tordus. Mendoza a le don de faire passer les grosses têtes pour de pauvres cons, ce qui a toujours l'heure de nous réjouir.

Bon, ok, le dénouement laisse à désirer et semble un peu facile, reste qu'il fait plaisir de suivre le personnage "woody allenien" se dépatouiller dans ce qui ressemble à un genre de Da Vinci Code trash.

Lecture d'été? Oui, peut-être, en ce qu'on ne s'y prend pas la tête et qu'on ne s'y ennuit pas. Bon pour découvrir Mendoza, bon pour faire sourire, parfois rire, et bon surtout pour imaginer que cet auteur prolifique serait fort bien avisé de nous livrer une suite des aventures de son personnage sans nom qu'on a suivi dans trois de ses oeuvres précédentes, dont l'inégalé "Artistes des dames".

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